Spring / Printemps 2019
Articles

La langue française chez les Sépharades du Québec : une stratégie de préservation culturelle et d’intégration sociale (1960–1980)

Christine Chevalier-Caron
Université du Québec à Montréal; Groupe de recherche Histoire, femmes, genre et migrations, HistoireEngagée
Bio
Yolande Cohen
Université du Québec à Montréal, Groupe de recherche Histoire, femmes, genre et migrations
Bio
Joan Monteith’s students’ relief map. Courtesy of Joan Monteith.
Published April 16, 2019
Keywords
  • Sépharades,
  • séphardismes,
  • migrations postcoloniales,
  • intégration sociale,
  • assimilation,
  • communautéculturelle,
  • Communauté sépharade unifié du Québec,
  • École Maïmondie,
  • Sepharad,
  • post-colonial migrations,
  • social integration,
  • ethno-religious community,
  • Maimondide School,
  • Québec Sephardic Community
  • ...More
    Less
How to Cite
Chevalier-Caron, Christine, and Yolande Cohen. 2019. “La Langue Française Chez Les Sépharades Du Québec : Une Stratégie De Préservation Culturelle Et D’intégration Sociale (1960–1980)”. Historical Studies in Education / Revue D’histoire De L’éducation 31 (1). https://doi.org/10.32316/hse-rhe.v31i1.4585.

Abstract

Résumé

Dans les années 1960, le profil sociodémographique du Québec s’est transformé par l’ouverture des frontières à une immigration non européenne. De nouvelles questions identitaires et relatives à l’intégration de migrants émergent. Parallèlement à l’intervention étatique sur ces enjeux, les dirigeants communautaires se mobilisent afin d’améliorer leurs conditions d’existence, et assurer l’intégration de leurs membres à la société d’accueil, tout en conservant leurs spécificités culturelles. La Communauté sépharade du Québec (CSQ) n’échappe pas à ce processus. Elle cherche à s’intégrer à la société et à maintenir une identité spécifique face à la communauté juive ashkénaze montréalaise. L’affirmation du fait français au Québec lui permet de fonder ses propres institutions, et de mettre en place des programmes valorisant le français et la culture juive sépharade. Dans cet article, nous analysons les différentes dimensions du discours identitaire à travers deux projets initiés par les dirigeants communautaires : l’École Maïmonide et le programme de formation des cadres. Analyser les discours des dirigeants de la CSQ permet de mieux identifier comment la langue française a permis d’ancrer leur communauté au Québec.

Abstract

The overall socio-demographic profile of Québec was radically transformed in the sixties by the opening of its frontiers to a non-European migration. New identity questions were raised concerning how to integrate those migrants. As the Provincial State emerged as a key player on these questions, migrant community organizations were concerned to keep their own cultural identities as well as to find ways to better integrate within Québec society. The Communauté Sépharade du Québec (CSQ) is one such organization, which aim is to blend into Québec’s francophone majority, as well as keep its autonomy within the larger mainly Ashkenazi Jewish Community. Its claim to French language for its organizations and programs allowed for a particular combination of a Sephardic cultural hybridity. In this article, we will analyze the expressions of this specific identity in two major domains, the Ecole Maimonide and CSQ leadership program. We will show that CSQ’s clear objective was to reclaim a Sephardic identity using French language as a tool to better integrate in Québec society.