Fall / Automne 2018
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Fouetter les structures et « éduquer à l’unité ». Les Travailleurs étudiants du Québec et l’action sociale (1959-1967)

Daniel Poitras
Postdoctorant à l’Université de Toronto
Bio
Published September 26, 2018
Keywords
  • activisme étudiant,
  • action sociale,
  • animation sociale,
  • mouvement étudiant,
  • développement régional,
  • Travailleurs étudiants du Québec (TEQ)
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How to Cite
Poitras, D. (2018). Fouetter les structures et « éduquer à l’unité ». Les Travailleurs étudiants du Québec et l’action sociale (1959-1967). Historical Studies in Education / Revue D’histoire De L’éducation, 30(2). Retrieved from https://historicalstudiesineducation.ca/index.php/edu_hse-rhe/article/view/4536

Abstract

Résumé

L’action sociale étudiante est un chapitre largement inconnu de l’histoire des étudiants au Québec, qui ont surtout retenu l’attention pour leurs coups de gueule ou d’éclat. L’histoire des Travailleurs étudiants du Québec (TEQ) vient démentir cette représentation. Les TEQ (1964-1967) qui ont œuvré auprès des familles démunies, des ouvriers, des chômeurs et des jeunes de la rue dans des milieux s’étendant de Gaspé à Thetford Mines se voulaient éducateurs, animateurs sociaux et organisateurs communautaires. Ils cherchaient à susciter des prises de conscience citoyennes et à encourager des initiatives et des structures locales pouvant mener à une véritable société de participation. Dans cet article, je démontre de quelle façon l’Action sociale étudiante (ASE) québécoise opérait à partir de traditions (étudiantes, sociales et politiques) et se projetait dans le futur en réarticulant constamment son idéalisme et son pragmatisme. Pendant ses quatre ans d’existence, l’ASE a constitué un haut lieu de formation et de mobilisation pour plusieurs jeunes qui ont eu l’occasion de confronter un bagage universitaire largement livresque à la réalité du terrain de l’action sociale. 

Abstract 

We know relatively little about the social action projects led by Québécois students, better known for their political activism and dramatic gestures. The Travailleurs étudiants du Québec(TEQ)’s story contradicts this representation. Working with low-income families, factory workers, unemployed people, and street youth from all over the province, these students acted as educators and social organizers. Their goal was to raise awareness among citizens, generating local initiatives and establishing structures that could lead to a true participative society. In this article, I demonstrate how the Action sociale étudiante (ASE) emerged from different traditions (social, political, students’) and projected itself into the future through a precarious balance between its idealism and pragmatism. During its four years of existence (1964-1967), the ASE was an important organization for the forming and mobilization of many young people who had the opportunity to confront their scholarly knowledge to the realities of social action.